Au 16ème siècle, la Boxe Thaïlandaise faisait partie intégrale de l’entraînement militaire; à l’époque, cette technique de combat permit aux soldats thaïlandais de repousser les Birmans.

Elle atteignit son plus haut degré de popularité au 18ème siècle, sous le règne du roi Pra Chao Sua, qui était connu pour sa férocité en tant que combattant et boxeur de première ordre. Poussé par le désir du sport et sa soif de challenge, il voyageait incognito à travers son royaume pour défier n’importe quel boxeur et imposait l’entraînement de la Boxe Thaï à son armée. La Boxe Thaï devint rapidement le passe-temps favori du peuple thaïlandais.

La Boxe Thaïlandaise est un sport de combat très complet. Pour son efficacité, elle est enseignée aux corps de police et à l’armée. Tous les coups de poings, de pieds, de genoux et de coudes, sont permis à tous les niveaux du corps, sauf dans les parties génitales, la pomme d’Adam et la nuque.

En plus de ces techniques, les saisies, projections et le corps à corps sont autorisés. Les armes les plus redoutables de la Boxe Thai sont les coudes et les coups de pieds, donnés avec le tibia qui permettent au combattant de détruire les appuis de son adversaire en le frappant dans les jambes. En Boxe Thaï, il n’y a pas de frappe au sol, par simple respect pour son adversaire qui, se trouvant à terre, est dans une position d’infériorité. En Thaïlande et en Suisse, les coups de coudes sont autorisés en compétition mais dans le reste du monde ils ne sont permis que chez les professionnels, avec l’accord des combattants, des managers et de l’organisateur.

La Boxe Thaïlandaise permet de développer les systèmes cardio-vasculaire et musculaire, la coordination, la souplesse et de nombreuses techniques de combats. On peut la pratiquer à tout âge.

Le Wai Khru

Le Wai Khru est une coutume très ancienne qui rend hommage avec sincérité envers ceux qui détiennent la connaissance, à savoir le Khru (le Maître).
En Thaïlande, dans la hiérarchie sociale, les parents sont les maîtres d’origine de tous les individus. Le monarque au pouvoir, le Roi de Thaïlande est le maître suprême, le Khru Yai.
Ainsi, une relation spécial est censée exister entre maîtres (parents, éducateurs, entraîneurs ou mentors) et les disciples. Une relation solide qui doit laisser une marque profonde dans la personnalité du disciple. De la même manière, le lien unissant plusieurs élèves à un même maître est semblable à celui du sang, les élèves d’un même maître doivent se considérés comme des frères ou soeur « Pee Nong ».
Comme dans les temple en Thaïlande où les moines apportent des offrandes à Bouddha. Quand un élève souhaite recevoir l’enseignement d’un maître, ils commence par lui témoigner son respect en lui apportant des guirlandes, des fleurs, des bougies, et de l’encens.
Avant de devenir un combattant de Muay Thaï, le pratiquant doit d’abord se prêter à plusieurs cérémonies de passage. Tous ces rites se rassemblent sous le terme générique de WAI KHRU.
La Cérémonie d’initiation d’un Disciple Combattant (Kuen Khru)
Dans cette cérémonie, le KHRU MUAY, le Maître, reconnait non seulement le jeune pratiquant comme son élève, mais également promet de lui enseigner tout son savoir au mieux de ses possibilités. Une fois accepté, les combattants doivent se montrer sincères dans leur pratique, avoir une attitude exemplaire, et être totalement soumis aux exigences du Maître.
La Cérémonie d’Hommage Annuelle (Wai Khru Prajam Pee).

 

Au cours de leur long apprentissage, tous les ans, les jeunes combattants vont rendre hommage à leur maître lors de la Cérémonie D’Hommage Annuelle destinée à leur maître et à tous les maîtres des temps passés. Cette cérémonie se déroule la plupart du temps le 17 Mars, Jour National du Muaythaï en Thaïlande. Le point d’orgue de cette cérémonie et la Danse d’Hommage (Wai Khru Ram Muay).
Une fois initiés aux principes du Muaythaï, les pratiquants sont invités à prendre part à un premier combat, à l’ouverture de celui ci, ils pourront exécuter le Ram Muay en marque de fidélité à leur maître.
C’est seulement lorsque que les 3 étapes sont franchies :
INITIATION – ENTRAINEMENT – COMBAT que les pratiquants sont considérés comme des vrais combattants Muaythaï !
Par la suite, c’est le maître exclusivement, qui décide si oui ou non, qui, parmi ses élèves, seront promus à leur tour au rang de Maître. Cela peut demander des années, un pratiquant peut espérer devenir Khru Muay, pas avant 30 ans.
Les aspirants doivent avoir fait de nombreux combats, démontré leur maîtrise dans l’art ainsi que leur aptitude à enseigner la théorie et la pratique. De plus ils doivent posséder les qualités de caractère et de maturité nécessaires pour exercer cette fonction.

C’est ensuite, seulement si ils ont réunis tous ces critères que les pratiquants peuvent prendre part à un nouveau rituel : La Cérémonie d’initiation du Maître (Krob Khru).

Dans cette cérémonie, après avoir reçu de la part de ses disciples des offrandes, le Maître récite en public un discours pour promouvoir les élèves au rang de Maître.
L’élèves se tient devant son Maître, les genoux à terre, les paumes de mains jointes au niveau de la poitrine, et prononce à son tour un discours où il témoigne de sa reconnaissance envers son maître, promet de transmettre à lettre tout ce qui lui a été enseigné, et de se conduire avec droiture.
Une fois ces déclarations terminées, le disciple se prosternent trois fois puis s’agenouillent, les mains jointe devant le Maître en marque d’obéissance. Ensuite à ce moment précis, l’Instructeur place alors un bandeau sur la tête du disciple : le MONGKON.
Le disciple se recule, les musiciens joue de la musique pour que le promu puisse exécuter la Danse D’Hommage, le RAM MUAY,que lui a appris son Maître.
Une fois le RAM MUAY terminée, le disciple se rapproche du KHRU MUAY, qui lui ôte le MONGKON de la tête, et lui restitue en main propre.
Le MONGKON doit être conservé par le nouvel initié, il symbolise l’héritage transmis par le maître. C’est en quelque sorte le Lien spirituel entre le Maître et l’élève.
LE MONGKON est sacré, et il revient au Maître seul de le toucher, de le mettre ou de le retirer sur le crâne d’un de ses élèves. De la même manière celui ci ne peut être cédé que par le KHRU MUAY.

Cérémonie d’Ouverture d’un combat

Autrefois les Siamois pensaient que tous les lieux était dirigés ou habités par des esprits bienveillants ou malveillants. Pour se protéger des mauvais esprits ou appeler les bons esprits, les thaïlandais utilisent diverses amulettes et des incantations.
En raison de ses croyances, pour les thaïlandais, le rituel avant de monter sur le ring est nécessaire. Il faut en quelque sorte demander la permission aux esprits, les apaiser, et contrecarrer les influences néfastes du lieu.
Les Thaïlandais croyaient que les rituels protégeraient les combattants et leurs accorderaient la victoire. De nos jours, les rites d’ouverture d’un combat ont une forte valeur psychologique. Les combattants se conditionnent mentalement pour l’affrontement imminent.
Certains combattants commencent par s’accroupir sur la toile du ring en direction de leur lieu de naissance puis en direction de chacun des points cardinaux symbolisés par les côtés du ring.
La tradition veut que les quatre coins du ring correspondent aux quatre points cardinaux d’une boussole. Angle rouge = nord-ouest, Angle Bleu = Sud-Est, les angles neutres (blancs) = nord est et sud est.
Le coin rouge est attribué au champion et le bleu au challenger. Tous les combattants professionnels ont un nom qu’il utilise lors de chaque rencontre. Ce nom de combattant se décompose en deux parties :
Partie 1 : Leur propre nom ou un surnom
Partie 2 : Le nom de leur camp

Parfois il arrive q’un combattant contourne lentement le ring en marchant sur le bord, une main glissant sur la corde supérieure, la valeur symbolique d’un tel acte consiste à isoler le ring de toute influence extérieur. D’autres encore disposent un bouquet de fleurs dans leur propre coin en marque de respect pour l’esprit gardien qui y est attaché, et prient pour la victoire.

Egalement autre spécificité du Muaythaï, c’est l’accompagnement musical. La musique accompagne le RAM MUAY, ainsi que l’affrontement sur le ring. On appelle cette musique WONG PEE GLONG , elle est joué par 4 musiciens qui ont chacun leur propre instrument :
Un musicien avec un Haut Bois : PEE CHAWAA
Deux musiciens avec des Tambours : GLONG KAEK
Un musicien avec des petite cymbales : LECHING
La musique accompagnant le RAM MUAY, à ce moment de la rencontre est lente et majestueuse. Ensuite, en combat, la mélodie est plus rythmée et varie en fonction de l’intensité de la rencontre.

Ainsi, avant même l’ouverture des hostilités, le combattants témoignent de la gratitude qu’ils ont envers leur Maître, en exécutant cette danse rituelle.
Le WAI KHRU RAM MUAY est une cérémonie officiellement reconnue par les instances du Muay Thaï, et le règlement stipule qu’il est obligatoire avant chaque combat.
Chaque RAM MUAY est différent et est propre au maître qu’il l’a enseigné à son élève. Donc deux combattants qui exécutent le même RAM MUAY sur le ring ne peuvent pas combattre car cela signifierait qu’ils viennent de la même Ecole. Il doivent donc refuser de s’affronter.
Dans le passé le RAM MUAY avait plusieurs fonctions :
1- Rendre hommage à son maître
2- Apaiser les esprit et demander bénédictions aux divinités
3-Diminuer l’agitation nerveuse et servir à préparer le combattant pour l’affrontement à venir
4- Il était censé démoraliser et décourager l’adversaire
5- A l’époque les combats se déroulaient à l’extérieur à même la terre, donc cela permettait également d’examiner le sol, et cela servait également à repérer les rayons de soleil pour ne pas être ébloui lors du combat.
6- Le RAM MUAY donnait au combattant la possibilité de déterminer la condition physique de leur adversaire, et de déterminer éventuellement leurs points faibles.
7- Il faisait office d’échauffement avant le combat réel.
Le WAI KHRU RAM MUAY est un rituel gracieux et esthétique rendant hommage à celui qui nous a enseigné le Muaythaï. Outre son caractère esthétique et respectueux, cette danse fonctionne de nos jours comme une mise en condition physique, une échauffement final avant le combat.
A noter que lors du Ram Muay, en Thaïlande, le pratiquant se prosterne toujours trois fois :
1- Pour son pays
2- Pour sa religion
3- Pour son Roi
Mais les pratiquants occidentaux peuvent adapter cette triple salutation à leurs aspiration et conviction personnelles pour se mettre dans l’état d’esprit adéquate avant d’ouvrir la cérémonie, voici un exemple :
*Pensez à votre religion
*A vos parents
*A celui qui vous enseigne le Muaythaï
*A une personne chère disparue.

Retrait du MONGKON

Une fois le RAM MUAY terminé, les combattants retournent vers leur coin respectif pour se faire retirer le MONGKON. Le petit bandeau qui se porte autour du crâne qui est sensé apporté gloire et protection et relie spirituellement l’élève à son maître.
A ce moment, le nakmuay se tient debout dans son coin vers l’extérieur dos à son adversaire, en face de lui, son maître se trouve de l’autre côté des cordes. Le nakmuay baisse la tête en marque d’une profonde révérence, et joint ses mains au niveau de la poitrine
Dans cette posture, le maître prononce une incantation et souffle à trois reprises sur le sommet de la tête avant d’ôter le MONGKON des deux mains.
Ensuite, d’une main, il caresse le haut du crâne en tenant le MONGKON dans l’autre et le remet à sa place d’origine. Après, généralement le nakmuay se prosternée à trois reprises sur le sol devant son maître pour lui témoigner du respect.

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